Deux mois après sa mystérieuse disparition, l’ancien Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo Mapon est officiellement « en exil ». C’est ce qu’a annoncé ce samedi à Kinshasa Francklin Tshamala, secrétaire général du parti Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD), lors d’un point de presse .
« Il est bel et bien vivant et en sécurité », a déclaré M. Tshamala, précisant avoir personnellement échangé au téléphone avec l’opposant. « Matata Ponyo nous a déclaré avoir été contraint d’aller en exil par les pouvoirs publics, en violation de l’article 30, alinéa 2 de la Constitution », a-t-il ajouté, sans révéler pour l’instant le pays où il s’est réfugié.
L’ancien chef du gouvernement avait disparu depuis le 21 mai, soit au lendemain de sa condamnation par défaut à une lourde peine prononcée par la Cour constitutionnelle. Le LGD avait dénoncé sa disparition dix jours plus tard, le 31 mai. Aujourd’hui, son parti parle d’un « exil forcé » et d’une « cabale politique ».
Dénonciation d’une justice instrumentalisée
Francklin Tshamala a vivement critiqué la condamnation de Matata Ponyo, qualifiant l’arrêt de la Cour constitutionnelle d’« inconstitutionnel, inapplicable » et de « honte pour la justice congolaise devenue un appendice du pouvoir exécutif ». Selon lui, ce procès aura été une mascarade « politique, injuste et sensationnaliste » qui aura duré quatre ans.
Il a en outre affirmé que l’ancien Premier ministre, son épouse et leurs enfants ont été « torturés moralement et physiquement », subissant des violations graves de leurs droits fondamentaux. Parmi les accusations portées contre le gouvernement : la mise en résidence surveillée de Matata Ponyo, des perquisitions jugées « violentes », la destruction de ses biens, un prétendu « empoisonnement », ainsi que l’interdiction de recevoir des soins à l’étranger.
Atteintes aux libertés familiales
Le LGD dénonce également des atteintes aux droits de la famille de Matata. Le passeport de sa fille aurait été confisqué le 30 mai par la Direction générale des migrations (DGM), l’empêchant de se rendre aux États-Unis pour ses études. Son épouse aurait également été interdite de quitter le territoire national.
Une opposition qui se réorganise
Malgré son départ, Matata Ponyo entend « continuer le combat pour l’avènement d’un véritable État de droit », selon son parti. Francklin Tshamala a affirmé que l’opposant reste engagé aux côtés de l’opposition aussi bien en RDC qu’à l’étranger. Il a réitéré le soutien du LGD à l’initiative des leaders religieux.
Ben kapuku







