Trois jours après avoir officiellement annoncé leur retrait de la ville d’Uvira, les rebelles du M23, appuyés par l’armée rwandaise (RDF), sont accusés d’y mettre en place une administration parallèle, en contradiction flagrante avec leurs engagements publics.
Selon plusieurs sources locales concordantes, les rebelles auraient procédé à la désignation d’un maire, de bourgmestres, ainsi que de chefs de quartiers, d’avenues et de cellules. Ces nominations se feraient de manière discrète, à l’abri des regards, afin de maintenir l’illusion d’un retrait effectif des forces rebelles de cette ville stratégique du Sud-Kivu.
Dans le même temps, des manifestations dites « populaires » auraient été organisées sous contrainte pour faire croire à une opposition de la population locale au retrait du M23/RDF d’Uvira. Des témoins affirment que des habitants auraient été forcés de participer à ces rassemblements, une manœuvre visant à légitimer la présence persistante des rebelles dans la zone.
Pour les autorités de Kinshasa, cette stratégie s’inscrirait dans une logique de duplicité destinée à réduire la pression diplomatique, notamment celle exercée par les États-Unis sur le Rwanda, accusé de soutenir activement le M23. Le gouvernement congolais dénonce une violation grave des engagements pris dans le cadre des efforts régionaux et internationaux de désescalade.
La situation demeure tendue à Uvira, où la population vit dans l’incertitude et la peur, alors que la présence rebelle continue de menacer la stabilité sécuritaire et administrative de la ville. Les autorités congolaises appellent la communauté internationale à rester vigilante et à exiger des actes concrets, au-delà des simples déclarations de retrait.
Solange Makwanya







