La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo a choisi de ne pas examiner le fond de la requête portant sur la conformité à la Constitution de la loi relative au référendum. Dans sa décision, la haute juridiction s’est déclarée incompétente, estimant que les conditions juridiques permettant l’exercice d’un tel contrôle n’étaient pas réunies.
Cette position met un terme provisoire à la procédure engagée devant la Cour, mais elle ne désamorce pas la controverse qui entoure cette loi. En évitant de se prononcer sur la constitutionnalité du texte, la juridiction constitutionnelle laisse ouvertes plusieurs interrogations sur la portée de ses compétences et sur l’interprétation des mécanismes de contrôle prévus par l’ordre juridique congolais.
Pour certains juristes, cette décision traduit une application stricte des règles de procédure. Selon cette lecture, la Cour ne pouvait intervenir que dans le cadre précis défini par la Constitution et les textes qui organisent son fonctionnement. Son refus d’examiner le fond serait donc une manière de préserver les limites institutionnelles de son mandat.
D’autres spécialistes du droit constitutionnel considèrent cependant que cette décision soulève des questions importantes. Ils estiment que l’absence d’un examen au fond prive le débat public d’une clarification attendue sur la compatibilité de la loi référendaire avec les principes constitutionnels.
Au-delà de l’aspect juridique, cette affaire s’inscrit dans un contexte politique marqué par des discussions sur une éventuelle réforme constitutionnelle et sur l’équilibre des pouvoirs entre les institutions de l’État. La question du référendum demeure ainsi au cœur des préoccupations, entre partisans d’une évolution du cadre institutionnel et défenseurs de la stabilité des règles fondamentales.
La décision de la Cour constitutionnelle ne met donc pas fin aux débats. Elle les déplace vers le terrain politique et doctrinal, où continuent de s’affronter différentes visions de l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo.
Solange Makwanya







