Affaire Nathanaël Onokomba : ouverture du procès devant la Cour militaire de garnison

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Le procès du jeune opposant Nathanaël Onokomba Shako, présenté comme leader d’une jeunesse dite « extra-système », s’est ouvert ce vendredi 27 mars devant la Cour militaire de garnison. Particularité notable, la juridiction siège au sein même de la prison où l’accusé est détenu depuis près de trois mois.

‎Nathanaël Onokomba Shako est poursuivi pour des faits jugés particulièrement graves, notamment l’apologie des atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation, des actes de terrorisme, ainsi que des crimes de génocide, de guerre et contre l’humanité.

‎Dans un communiqué de presse rendu public, le collectif d’avocats assurant sa défense a dénoncé une détention « arbitraire » qu’il estime avoir « trop duré », tout en saluant l’ouverture du procès comme une étape importante vers la manifestation de la vérité.

‎« Après près de trois mois d’une détention que nous avons constamment dénoncée comme étant arbitraire, cette nouvelle étape est accueillie avec sérénité et sans aucune forme de réjouissance. La privation de liberté de notre client a suffisamment duré ; l’heure n’est pas à la gratitude, mais à la manifestation de la vérité judiciaire », ont déclaré ses avocats.

‎Les conseils de l’accusé affirment aborder ces audiences avec l’espoir qu’elles permettront à la justice congolaise d’établir son innocence. Selon eux, les faits reprochés relèveraient de l’exercice de la liberté d’opinion, un droit fondamental garanti par la Constitution de la République démocratique du Congo ainsi que par les instruments juridiques internationaux ratifiés par le pays.

‎De son côté, la justice militaire fonde notamment ses poursuites sur des déclarations publiques de l’accusé. Lors d’une émission télévisée en 2025, Nathanaël Onokomba Shako aurait affirmé qu’il valait mieux « avoir la République démocratique du Congo sous la colonisation » que de vivre sous la direction actuelle. Des propos que le ministère public considère comme une apologie du terrorisme et un soutien présumé au mouvement rebelle AFC/M23.

‎La Cour évoque également une publication faite sur le réseau social X, en date du 29 juin 2025, dans laquelle l’accusé soutenait que le Rwanda n’avait « jamais agressé la RDC » ni soutenu le M23. Pour la justice militaire, ces déclarations constituent une négation ou une minimisation des conflits armés ainsi que des crimes de guerre attribués aux rebelles de l’AFC/M23, actifs dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

‎L’ouverture de ce procès intervient dans un contexte sécuritaire et politique particulièrement sensible en République démocratique du Congo, marqué par la persistance des violences dans l’Est du pays.

‎Les audiences devraient permettre d’éclairer l’opinion publique sur les faits reprochés à l’accusé et de déterminer les responsabilités dans ce dossier à forte portée politique.

‎Ben Kapuku

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