Débat constitutionnel : 17 prêtres de l’Archidiocèse de Kananga tournent le dos à la CENCO et soutiennent le changement de la loi fondamentale

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En réaction au message publié le 19 juin 2026 par les évêques de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), les prêtres de l’Archidiocèse de Kananga ont rendu public, ce jeudi 2 juillet, un communiqué signé par 16 abbés. À travers cette déclaration, ils disent vouloir éclairer l’opinion publique provinciale, nationale et internationale sur leur lecture du document de la CENCO, dans un contexte marqué par des tensions autour du débat sur une éventuelle révision de la Constitution.

Les signataires précisent d’emblée que la déclaration de la CENCO « n’est ni un décret, ni un arrêté, encore moins une décision », mais un simple message qui, selon eux, ne prétend pas se substituer aux institutions de la République. Ils estiment ainsi que ce document n’empêche en rien un éventuel changement de la Constitution ni l’expression du libre arbitre des citoyens.

Selon les prêtres, le message des évêques traduit plutôt la vitalité de l’expression démocratique en République démocratique du Congo. Ils rappellent qu’en démocratie, chaque citoyen dispose du droit d’exprimer librement ses opinions, y compris les évêques. À cet effet, ils invoquent l’article 23 de la Constitution qui garantit la liberté d’expression et le droit de communiquer ses convictions par la parole, l’écrit ou l’image, dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs.

Les membres du clergé soulignent également que les évêques exercent une mission prophétique consistant à promouvoir la justice, la vérité et l’amour. Cette mission étant collégiale, ils estiment qu’aucun évêque ne devrait être personnellement désavoué pour avoir apposé sa signature à une déclaration commune. C’est dans cette perspective, expliquent-ils, qu’ils comprennent la signature de l’Archevêque métropolitain de Kananga au bas du message de la CENCO.

Dans leur communiqué, les prêtres rappellent par ailleurs que la révision ou le changement de la Constitution est prévu par la loi fondamentale. Ils citent notamment l’article 218 de la Constitution, qui dispose que l’initiative de la révision constitutionnelle appartient concurremment au Président de la République, au Gouvernement, à chacune des chambres du Parlement ainsi qu’à une fraction du peuple congolais.

À ce titre, ils réaffirment leur soutien à un éventuel changement de la Constitution de 2006, à condition que celui-ci soit entrepris dans le strict respect des procédures légales prévues par la Constitution.

Les prêtres de l’Archidiocèse de Kananga lancent également un appel à la retenue, particulièrement en direction des jeunes de Kananga et de l’ensemble du pays. Ils les invitent à préserver le patrimoine ecclésiastique, qu’ils considèrent comme un bien commun dont tous sont à la fois contributeurs et bénéficiaires. Ils exhortent également les Congolais à respecter les évêques, les prêtres, les personnes consacrées ainsi que tous ceux qui œuvrent à la construction de l’Église et de la société.

Enfin, les signataires appellent leurs compatriotes à cultiver l’amour de la patrie et de l’Église, en référence à l’épître aux Romains (13, 10). Ils encouragent également le soutien aux actions du Président de la République, qu’ils qualifient de concrètes et visibles à Kananga ainsi que dans d’autres provinces du pays. Ils plaident enfin pour le renforcement de l’unité nationale et de la tolérance entre les différentes sensibilités politiques et confessionnelles.

John Kalala

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