Lors de la « Prière nationale américaine » organisée jeudi à Washington, le président des États-Unis, Donald Trump, s’est adressé publiquement à son homologue congolais, Félix Tshisekedi : « You call me for anything. Right » (« Appelez-moi pour quoi que ce soit, d’accord »), a-t-il lancé devant un parterre de personnalités, alors que la République démocratique du Congo figurait parmi les invités d’honneur.
Selon l’Agence congolaise de presse (ACP), Donald Trump a reconnu la complexité de la situation congolaise, évoquant un pays « difficile », tout en annonçant l’intérêt de grandes entreprises américaines pour la RDC. « Nous pensons que nous allons y aller avec certaines grandes entreprises », a-t-il déclaré, laissant entrevoir un engagement économique accru des États-Unis en Afrique centrale.
Le président américain est également revenu sur les efforts diplomatiques récents, affirmant que Washington avait décidé, il y a quelques mois, de soutenir un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, présenté comme une première chance de stabilité après près de trois décennies de conflit dans l’Est congolais. Il a salué le rôle d’un « homme très brave » ayant multiplié les démarches pour mettre fin aux souffrances de la population.
« Depuis de nombreuses années, vous travaillez comme nous n’avons jamais vu. Nous apprécions cela et, ensemble, les États-Unis et l’Afrique travailleront dans la partie Est du Congo », a poursuivi Donald Trump, en référence à la crise sécuritaire qui frappe cette région.
La phrase « Appelez-moi pour quoi que ce soit » a particulièrement retenu l’attention des observateurs. Pour un diplomate africain cité par l’ACP, cette déclaration laisse entendre que le président congolais disposerait désormais d’un canal direct avec son homologue américain.
En marge de cette rencontre, un accord de partenariat a été signé entre les États-Unis et la RDC, portant notamment sur les minerais critiques, un secteur stratégique dans lequel Washington estime avoir pris du retard face à la Chine. La cérémonie a également été marquée par l’attitude visiblement favorable du président américain à l’égard de Félix Tshisekedi, en présence du président rwandais Paul Kagame, dont le pays est accusé de soutenir la rébellion du M23-AFC dans l’Est congolais.
Pour Donald Trump, la guerre en RDC serait désormais « terminée », qu’il a même présentée comme le huitième conflit résolu sous son leadership, promettant également de s’attaquer prochainement à la crise au Soudan. Toutefois, sur le terrain, la situation reste préoccupante.
Quelques jours après la signature des accords de Washington, la ville stratégique d’Uvira est passée sous contrôle rwandais, dans un contexte de fortes tensions et de lourdes conséquences humaines.
Face à cette évolution, le président de la commission des Affaires africaines à la Chambre des représentants américaine a indiqué que sa commission envisage de demander à l’administration Trump d’imposer des sanctions contre des responsables sécuritaires rwandais, y compris, potentiellement, contre le président Paul Kagame.
Ben Kapuku







