L’exposition de personnes malades dans les lieux publics en vue de susciter la charité est désormais formellement interdite dans toute la ville de Kinshasa. Cette décision émane du ministre provincial de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévention, Dr Patricien Gongo Abaka, à travers une note circulaire parvenue à notre rédaction ce mardi.
Djef Mbiya, défenseur des droits de l’homme, contacté par Libéral Info Net, salue cette mesure qu’il qualifie de salutaire. Il estime que le fait d’exposer des malades dans les rues constitue une atteinte grave à leur dignité, ainsi qu’une violation flagrante de leurs droits fondamentaux. Il appelle le ministère provincial à mettre en place un mécanisme rigoureux de suivi et d’évaluation, tout en orientant les personnes concernées vers des structures sociales appropriées afin de garantir leur droit à la santé.
Cette décision intervient à la suite d’une recrudescence de cas d’exposition de malades — parfois dans des états critiques — sur la voie publique, notamment aux abords des ronds-points, des carrefours et d’autres lieux très fréquentés de la capitale. Une pratique que le ministère qualifie de véritable « marchandisation de la souffrance humaine », portant gravement atteinte à la dignité des personnes concernées, et en violation de l’article 16 de la Constitution de la République démocratique du Congo.
« Cette situation déshonore notre société et constitue une forme inacceptable de marchandisation de la souffrance humaine », déplore le ministre provincial dans sa circulaire.
Le document précise que tout malade exposé à la vue du public devra désormais être conduit dans un centre de santé de référence pour y recevoir une prise en charge médicale adéquate.
Par ailleurs, la circulaire avertit que toute personne ou tout groupe surpris en train d’exposer des malades dans les espaces publics s’expose à des poursuites judiciaires. Cette mesure s’appuie notamment sur la loi de 2009 relative à la protection de l’enfant, ainsi que sur le décret du 23 mai 1896 portant sur le vagabondage et la mendicité.
Le ministère provincial de la Santé appelle à la mobilisation des autorités locales, des services sociaux et des forces de l’ordre pour assurer l’application stricte de cette interdiction. Un appel est également lancé à la population afin qu’elle dénonce tout cas d’abus ou de non-respect de cette mesure.
Ben Kapuku







