La République démocratique du Congo commémore ce samedi la Journée nationale du Genocost, en mémoire des millions de Congolais victimes du génocide économique lié à l’exploitation illégale et violente de leurs ressources naturelles.
Instituée officiellement en 2022 par le gouvernement congolais, cette journée s’inscrit dans une démarche de reconnaissance historique des souffrances endurées par la population congolaise, en particulier depuis le déclenchement de la seconde guerre du Congo, le 2 août 1998. À cette date, les rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), soutenus par l’armée rwandaise, lançaient une offensive meurtrière contre le pouvoir central, ouvrant la voie à des années de conflits armés, d’occupations et de prédations économiques.
Le terme Genocost, contraction de « génocide » et « coût », désigne cette tragédie humaine alimentée par les convoitises économiques autour des richesses minières congolaises. Il a été adopté officiellement dans le discours politique congolais à la faveur de la résurgence du mouvement armé M23, perçu comme un nouveau relais dans la guerre d’agression impliquant des acteurs étrangers.
La commémoration de cette année est marquée par l’inauguration du mémorial dédié au Genocost, un lieu de mémoire destiné à honorer les victimes et à transmettre aux générations futures le devoir de vigilance face aux formes contemporaines de colonisation économique.
Pour de nombreux Congolais, cette journée est aussi un appel à la justice internationale, encore largement silencieuse sur les crimes économiques perpétrés dans l’est du pays depuis plus de deux décennies.
Solange Makwanya







