L’ancien ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba Tungunga, a comparu ce lundi 13 juillet 2026 devant la Cour de cassation à Kinshasa dans le cadre du dossier relatif au Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).À l’issue de cette première audience, la haute juridiction a décidé de renvoyer l’affaire au 27 juillet 2026 afin de permettre aux prévenus de prendre connaissance du dossier et de préparer leur défense avec leurs avocats.
Le président de la composition, le magistrat Jean Ubulu, a justifié ce renvoi en indiquant que les deux prévenus, Constant Mutamba et Blanchard Bolukola, directeur général intérimaire du FRIVAO, devaient disposer du temps nécessaire pour examiner les pièces de la procédure avant la poursuite des débats.
L’ancien ministre est poursuivi par le ministère public pour un présumé détournement de fonds publics destinés à l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda. Le parquet général affirme que plusieurs décaissements irréguliers auraient été effectués entre septembre 2024 et mars 2025, notamment près de 15 millions de dollars au profit d’une société, 4 millions de dollars en faveur de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), 200 000 dollars versés à une entité commerciale non clairement identifiée, ainsi que 1 024 000 dollars et 175 864,64 dollars transférés à d’autres structures.
Au cours de l’audience, Constant Mutamba a rejeté les accusations selon lesquelles il aurait été régulièrement notifié de sa citation à comparaître, affirmant n’avoir reçu aucune notification officielle.
« J’étais sur mon lit d’hôpital le 3 juillet. Je n’ai jamais vu entrer un greffier du nom de Kinakina. Je n’ai jamais reçu une seule notification. Dire que je me suis réservé de signer est un faux. C’est très grave », a-t-il déclaré devant la Cour.
Cette comparution intervient quelques jours après une lettre rendue publique le 4 juillet, dans laquelle il dénonçait ce qu’il qualifie d’« acharnement politique » à son encontre et annonçait sa volonté de comparaître personnellement afin, selon ses propres termes, de « rétablir la vérité ».
Le procès reprendra le 27 juillet 2026 devant la Cour de cassation. Cette audience devrait permettre aux deux prévenus, Blanchard Bolukola, détenu à la prison centrale de Makala, et Constant Mutamba, de présenter leurs moyens de défense et de franchir une nouvelle étape dans cette procédure judiciaire.
John Kalala







