Dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés et la réémergence du mouvement rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda, les principales confessions religieuses de la République Démocratique du Congo (RDC) ont présenté ce lundi une feuille de route visant à établir un processus national et inclusif de paix. Cette initiative est le fruit d’une collaboration entre la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), l’Église du Christ au Congo (ECC), la Plateforme des Confessions Religieuses, dirigée par l’archevêque Ejiba Yamapia, ainsi que la Coalition Interconfessionnelle pour la Nation (CIN).
L’objectif de cette démarche est de rassembler toutes les forces vives du pays autour d’un pacte social promouvant la paix et la réconciliation. Selon le communiqué officiel, le processus se décline en quatre grandes étapes :
1. Le Mois de la Paix : une période dédiée à la décrispation politique et au renforcement de la confiance, incluant un culte œcuménique national et des initiatives de plaidoyer pour soutenir le cessez-le-feu et les efforts humanitaires.
2. Le Dialogue des Experts : une mobilisation de chercheurs, universitaires, techniciens et membres de la diaspora congolaise pour formuler des feuilles de route sectorielles propices à un redressement rapide et au développement du pays.
3. Le Dialogue Politique: une rencontre inclusive rassemblant majorité, opposition, groupes armés, société civile, autorités coutumières et diaspora, afin d’atteindre un compromis politique patriotique dans le respect de la Constitution.
4. La Conférence Internationale : un plaidoyer régional et mondial en faveur de l’organisation d’une conférence sur la paix dans les Grands Lacs, ainsi que sur le financement de la reconstruction post-conflit en RDC.
Dans leur déclaration, les confessions religieuses appellent le Président de la République, en tant que garant de la Nation, à prendre les mesures nécessaires pour lancer officiellement ce processus. Elles encouragent également la communauté internationale à reconnaître et soutenir cette initiative, désignée comme une « action pastorale et prophétique », visant à restaurer la paix, la réconciliation et l’unité nationale.
En s’adressant directement au peuple congolais, les responsables religieux mettent en avant la valeur du pardon et de la fraternité. Ils affirment : « Rien n’est impossible à ceux et à celles qui, dans la prière, demandent à Dieu de les transformer en bâtisseurs de relations fraternelles. »
Avec cette feuille de route, les confessions religieuses entendent poser les fondations d’un Congo réconcilié et uni.
Ben Kapuku







