Le professeur Mathieu Abatha Diabar Sona, enseignant à la Faculté des Lettres de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), a été assassiné dans la nuit du mercredi au jeudi 8 janvier 2026 à son domicile, lors d’un braquage perpétré par des hommes armés. Selon les premiers éléments rapportés par l’Agence congolaise de presse (ACP), les assaillants ont également emporté de l’argent et plusieurs biens de valeur.
D’après des témoignages familiaux cités par l’ACP, six hommes armés auraient fait irruption vers 23 heures dans la parcelle du professeur, exigeant de l’argent et des objets de valeur. Une somme estimée à 7 000 dollars américains ainsi qu’une chaînette en or auraient été remises aux malfaiteurs. Malgré cela, les braqueurs ont ouvert le feu sur le professeur Abatha Diabar, qui a succombé à ses blessures sur place, avant que les assaillants ne prennent la fuite.
La police est intervenue après les faits et a ouvert une enquête afin d’identifier les auteurs de ce crime. Le corps de la victime a été transféré à la morgue des Cliniques universitaires de Kinshasa, dans l’attente de la suite des investigations.
Ce drame survient dans un contexte de recrudescence de l’insécurité dans le quartier. Le 24 décembre dernier, la famille Kadima Tshimpanda avait déjà été victime d’un braquage nocturne, au cours duquel plus de 4 000 dollars américains avaient été dérobés, sans faire de victimes.
Vives réactions dans le monde académique
La mort du professeur Mathieu Abatha Diabar a suscité une vive indignation au sein de la communauté universitaire. Le président de l’Association des professeurs de l’UNIKIN (APUKIN), le professeur David Lubo, s’est dit profondément choqué par cet acte qu’il qualifie de « barbare », survenu à proximité immédiate du campus universitaire.
Sur les réseaux sociaux, le professeur Ngbolua Koto-Te-Nyiwa a également condamné fermement ce meurtre, rappelant le rôle essentiel des enseignants dans la formation et la transmission du savoir.
« Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’assassinat du professeur Abatha Diabar, universitaire chargé de former et d’éclairer l’élite de notre pays. Attenter à la vie d’un enseignant-chercheur, c’est s’attaquer au savoir, aux valeurs et à l’avenir même de la Nation », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs exigé « l’ouverture d’une enquête indépendante, rigoureuse et transparente » afin d’identifier les auteurs matériels et intellectuels de ce crime, soulignant que « protéger les enseignants, c’est protéger l’intelligence collective et le développement du pays ».
Entre-temps, les professeurs de l’UNIKIN ont décidé de suspendre leurs activités jusqu’à la tenue d’une Assemblée générale extraordinaire prévue ce vendredi. Leur corporation, l’APUKIN, se dit « consternée et profondément meurtrie » par cette tragédie.
Ben Kapuku







