Le ministre d’État, ministre de l’Urbanisme et Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi, a présenté les grandes orientations du Plan décennal de l’Urbanisme et de l’Habitat 2026-2035, évalué à 16,5 milliards de dollars américains.
Ce programme vise à moderniser les villes congolaises, à améliorer les infrastructures urbaines et à financer des logements décents pour 500 000 ménages d’ici 2035.Face à une urbanisation croissante, la République démocratique du Congo fait notamment face à un déficit estimé à quatre millions de logements.
Selon les données présentées par le ministre, plus d’un million de personnes rejoignent chaque année les centres urbains, accentuant la pression sur le logement et les services essentiels. Le gouvernement entend ainsi améliorer l’accès à l’eau potable et à l’électricité, tout en renforçant la planification urbaine et la sécurité foncière.
Le plan prévoit plusieurs investissements majeurs, dont 6,4 milliards USD pour les projets SOSAK et PDTK à Kinshasa, notamment dans l’assainissement et les transports urbains, ainsi que quatre milliards USD pour les villes secondaires et les corridors économiques stratégiques.
Trois milliards USD sont également annoncés pour les grandes agglomérations, tandis que 2,3 milliards USD seront consacrés au logement et à la future Banque de l’Habitat. Une enveloppe de 750 millions USD est, par ailleurs, prévue pour lutter contre les érosions et renforcer la résilience urbaine.
Pour financer ce programme, le gouvernement mise sur les partenariats public-privé, les bailleurs de fonds et la contribution du Trésor public. Des structures spécialisées, notamment la Cellule de coordination et de promotion des projets d’urbanisme et le Guichet unique de délivrance des permis de construire, sont appelées à faciliter la coordination, le suivi des investissements et la modernisation des procédures administratives.
La mise en œuvre du plan reposera également sur des études techniques, économiques et financières dans neuf villes pilotes : Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Mbuji-Mayi, Kolwezi, Kananga, Tshikapa, Likasi et Matadi.
À l’horizon 2035, le gouvernement ambitionne notamment de porter l’accès urbain à l’eau potable à 80 % et à l’électricité à 75 %, d’adopter 26 plans directeurs d’urbanisme et de mettre en service cinq villes intelligentes. Le principal défi reste désormais de mobiliser effectivement les financements annoncés et de traduire ces ambitions en réalisations concrètes au bénéfice de la population.
John Kalala







