Prévu pour démarrer ce vendredi 8 août à Doha, le dialogue direct entre le gouvernement congolais et la coalition rebelle AFC/M23 n’a finalement pas eu lieu. Les deux parties ont brillé par leur absence, mettant en péril l’accord de principe signé fin juin dans la capitale qatarie.
Alors que le lancement officiel des pourparlers était attendu, ni la délégation du gouvernement congolais, ni celle de la coalition rebelle ne se sont présentées à la table des négociations. Un contretemps qui jette un froid sur l’accord conclu le 27 juin dernier sous l’égide de la médiation qatarie.
Selon des sources proches du dossier, la délégation de l’AFC/M23 conditionne sa participation au dialogue à la libération de ses prisonniers , une mesure de confiance pourtant prévue dans la Déclaration de principes signée par les deux camps. Ce point, censé être mis en œuvre avec l’appui de la Croix-Rouge, tarde à se concrétiser. La médiation qatarie affirme toutefois que des discussions techniques se poursuivent en coulisses pour établir un mécanisme d’échange acceptable par les deux parties.
Du côté du gouvernement congolais, aucune communication officielle n’a été faite concernant la présence ou non de ses représentants à Doha. Ce silence alimente les spéculations sur la réelle volonté politique de Kinshasa d’engager un dialogue direct avec les rebelles, alors que les combats se poursuivent dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Interrogé sur l’issue probable de ces négociations, Maître Lulu Duli, analyste politique, se montre particulièrement pessimiste :
« Cet accord ne sera respecté ni par les rebelles ni par le gouvernement. Il s’agit, pour chacun, d’un coup de communication plus que d’une véritable volonté d’arrêter les hostilités », estime-t-il.
La communauté internationale suit de près ces négociations. Doha est perçu par plusieurs pays comme une occasion unique de résoudre une crise régionale qui dure depuis plus d’une décennie. Toutefois, sans actions concrètes ni la participation effective des parties concernées, l’accord de Doha risque de connaître le même sort que d’autres tentatives de paix avortées en République démocratique du Congo.
En attendant une éventuelle relance des discussions, la situation sur le terrain reste tendue. Les populations civiles, elles, continuent de payer le lourd tribut d’un conflit sans issue claire.
Ben Kapuku







