Liberté de la presse en RDC : la justice, les médias et la sécurité accordent leurs violons

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La Table ronde nationale « Médias – Justice – Sécurité » s’est tenue lundi à Kinshasa. Une initiative du Ministère de la Communication et Médias, en partenariat avec les Ministères de la Justice et de l’Intérieur, et l’organisation Journaliste en Danger (JED).

Placées sous le thème « Sécurité et responsabilité des journalistes : enjeux de l’application harmonisée de l’Ordonnance-loi n° 23/009 du 13 mars 2023 et du droit pénal congolais face aux défis de la désinformation et de la sécurité nationale », ces assises ont réuni autour de la table les hauts magistrats, l’UNPC, les Conseillers de la Présidence et de la Primature, le CSAC et la société civile .

Objectif: favoriser une compréhension commune du cadre juridique applicable et de promouvoir un exercice responsable de la liberté d’informer, dans le respect de l’État de droit.

Ouvrant les travaux, le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a souligné la mutation profonde des menaces auxquelles est confrontée la profession journalistique.

« On parle souvent de journalistes en danger, mais moi je vais plus loin : c’est le métier même de journaliste qui est en danger aujourd’hui face à l’apparition de nouveaux acteurs et aux dérives sur les réseaux sociaux », a-t-il déclaré.

Intervenant comme troisième panéliste, le Garde des Sceaux Guillaume Ngefa Atondoko Andali a pour sa part, posé trois exigences: protection de la liberté d’expression, responsabilité professionnelle et préservation de l’État de droit dans l’espace numérique.

Rappelant les articles 23 et 24 de la Constitution, Guillaume Ngefa a estimé que « La liberté de la presse n’est ni une faveur accordée par le gouvernement, ni une simple tolérance administrative. Elle est une liberté fondamentale. Mais elle ne signifie pas une liberté sans encadrement. » a-t-il rappelé.

Il a mis en garde contre Mise en garde contre la « justice des réseaux sociaux », selon lui , « Les réseaux sociaux ne sont pas des tribunaux, leurs utilisateurs ne sont pas des juges, et la viralité d’une accusation ne saurait tenir lieu de preuve. » Insiste t-Il.

Dans ce contexte, le garde des sceaux a insisté sur une erreur journalistique , qui selon lui, ne constitue pas automatiquement une infraction pénale.

Il affirme que le droit de réponse et la rectification doivent primer.Aux journalistes couvrant les affaires judiciaires , il a tenu à rappeler que rendre compte d’une procédure relève de la liberté d’informer; déterminer la culpabilité relève de la compétence du juge. Il les invite à ne pas prononcer le jugement dans les articles .

Solange Makwanya

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