Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a entamé ce lundi une série de visites dans les établissements carcéraux de la République démocratique du Congo. Sa tournée a débuté par la prison centrale de Makala avant de se poursuivre à la prison militaire de Ndolo, toutes deux situées dans la capitale.
Cette initiative est saluée par l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO). « Il est important que le nouveau ministre entre en contact avec les acteurs pénitentiaires afin de mieux comprendre le fonctionnement de la justice au sein des prisons », a déclaré Jean-Claude Katende, président national de l’organisation, joint par LibéralInfo.net.
Les doléances des agents pénitentiaires
À Makala, les agents pénitentiaires n’ont pas manqué de faire entendre leurs voix. Faida, greffière de la prison, a dressé un tableau sombre des réalités quotidiennes :
« Nous travaillons dans des conditions très difficiles. Sans prime de risque, sans transport, et certains d’entre nous ne sont pas encore mécanisés. Nous sollicitons votre implication pour l’amélioration de nos conditions de travail », a-t-elle plaidé devant le ministre.
Sobre dans sa réponse, Guillaume Ngefa a assuré avoir pris note des préoccupations exprimées :
« Je suis venu pour voir comment ça se passe ici et vous entendre. Je vous ai entendus et j’ai pris bonne note de vos doléances. Je n’ai pas de discours à vous tenir aujourd’hui, mais je reviendrai pour qu’on échange davantage », a-t-il déclaré, évitant toute promesse immédiate mais affichant une volonté de suivi.
Une visite exploratoire mais pleine d’attentes
Placée sous le signe de l’écoute et de l’observation, cette tournée est qualifiée d’« exploratoire ». Elle n’en demeure pas moins un geste d’ouverture de la part du ministre, nouvellement entré en fonction. Cependant, les attentes du personnel carcéral restent élevées, particulièrement sur des questions jugées urgentes comme la mécanisation, l’octroi de primes et la mise en place de moyens de transport.
Pour beaucoup, ces visites pourraient constituer le point de départ d’une réforme en profondeur des conditions de travail au sein des prisons de la RDC.
Ben Kapuku







