Dans une avancée diplomatique majeure, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et la coalition rebelle AFC-M23 ont signé, ce samedi à Doha, une Déclaration de principe visant à instaurer un cessez-le-feu bilatéral immédiat. Conclu sous la médiation du Qatar, ce texte jette les bases d’un accord de paix global attendu dans les tout prochains jours.
Cette déclaration marque un tournant dans les efforts de résolution du conflit qui ensanglante l’Est congolais depuis plusieurs années. Elle trace les grandes lignes d’un processus de désescalade et de réconciliation, articulé autour de plusieurs engagements clés :
Un cessez-le-feu permanent, incluant l’arrêt total des hostilités sur terre, sur mer, dans les airs et sur les lacs, la fin de toute propagande haineuse, ainsi que l’interdiction du recours à la force à des fins politiques ;
Un mécanisme de vérification du respect du cessez-le-feu, avec l’implication de la MONUSCO et, si besoin, de dispositifs régionaux ;
Des mesures de confiance, dont la mise en place, sous la facilitation du CICR, d’un dispositif destiné à organiser la libération des prisonniers dits « d’intérêt » ;
Une feuille de route pour le retour progressif de l’autorité de l’État dans les zones occupées par la rébellion, qui sera précisée dans l’accord final ;
Le retour volontaire, sécurisé et digne des réfugiés et déplacés internes, en collaboration avec les pays d’accueil et le HCR.
Réagissant à cette signature, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a salué une étape cruciale vers la paix, soulignant qu’elle s’inscrit dans la vision du président Félix Tshisekedi Tshilombo et repose sur les principes de la Constitution congolaise ainsi que sur les chartes des Nations unies et de l’Union africaine.
« Cette déclaration respecte nos lignes rouges, notamment le retrait non négociable de l’AFC/M23 des zones qu’elle occupe, suivi du rétablissement de l’autorité de l’État à travers le déploiement des institutions nationales : FARDC, PNC, justice et administration », a-t-il affirmé sur son compte X.
« Elle contient des engagements fermes en faveur de la paix, de la protection des populations civiles et de la préservation de la souveraineté nationale. Elle ouvre la voie à une sortie durable de la crise. »
Le gouvernement insiste sur le caractère non négociable de certains principes inscrits dans la Déclaration de Doha, en particulier le retrait immédiat et inconditionnel des forces de l’AFC-M23 des territoires occupés, condition sine qua non à tout règlement durable du conflit.
Ben Kapuku







